Dehors

Un mercredi avec Magritte

J’ai parfois tendance à l’oublier. Nous vivons à proximité de la capitale et ce qu’elle a à nous offrir en matière d’art pictural est tout juste exceptionnelle. Alors, comme cette année est ma dernière année à temps partiel j’ai décidé d’accorder un mercredi par mois rien qu’à moi et Bérénice pour explorer les grands mouvements de l’histoire de l’art. L’idée est toute simple : on dépose le cartable à midi et on file à Paris.

Pour ce premier mercredi en tête à tête, j’avais très envie de retourner à Beaubourg (la dernière fois remonte à plus de trois ans). Je me suis dit qu’elle apprécierait la vue exceptionnelle sur la ville et la liberté de l’esplanade. Je trouve aussi que le centre Pompidou est un lieu ouvert, plein d’espace et de couleurs. Enfin et surtout je reste intimement persuadée qu’il n’y a pas meilleur spectateur que l’enfnat devant l’art contemporain. Pas de code, juste des ressentis. Je pourrais vous en reparler plus longuement mais pouvoir partager avec elle nos impressions autour d’un Klein ou d’un Beuys m’a réellement touchée.

Mais revenons à nos moutons, nous avons profité de cet après-midi pour aller voir l’exposition Magritte La trahison des images. Je dois dire que je ne suis pas forcément très fan du surréalisme mais j’ai pensé que ça pourrait être amusant de confronter nos points de vue avec Bérénice. Et sincèrement, c’était carrément sympa 🙂

Les images de Magritte sont déroutantes et c’est en cela que j’ai aimé parcourir l’exposition accompagné d’une petite fille de 6 ans. Les codes esthétiques et sémantiques sont mis à rude épreuve  mais visiblement tout cela n’a pas choqué une seule seconde Bérénice.

Bien entendu, il y a eu des moments d’interrogations, on a pris le temps d’y réfléchir, d’émettre des hypothèses, certaines loufoques, d’autres plus plausibles. C’était rigolo.

René Magritte, Les vacances de Hegel, 1958. Huile sur toile, 60 x 50 cm Collection particulière
Bérénice m’a également beaucoup demandé de lire les mots disséminés au sein des oeuvres ainsi que leur titre . A l’heure où elle commence à apprendre à lire, j’ai trouvé intéressant de lui expliquer qu’on pouvait aussi faire une lecture visuelle.
Avec un titre comme Décalcomanie, cette toile ne pouvait que susciter la curiosité de ma fille.
On a parcouru le catalogue de l’exposition et ce fût l’occasion pour ma grande de découvrir d’autres artistes qui se moquent des représentations visuelles. Chema Madoz est un photographe qui a interpellé Bérénice avec sa cuillère et son ombre en forme de fourchette.
Le petit plus de cette exposition c’est qu’elle est vraiment à échelle humaine et que nous avons sans doute eu la chance de ne pas voir trop fréquenter.
Nous avons évidemment fini notre parcours surréaliste par un petit détour à la librairie. Je vous laisse avec une petite sélection de titres qui ont bien retenu notre attention.
Le cahier d’activités farfelues de René Magritte. – Elisabeth de Lambilly- Centre Pompidou (MNAM jeunesse).

Magritte le livre animé de José Pons et Brigitte Stephan.- Palette

Magritte : de l’autre côté du miroir de Caroline Larroche.- Palette  (Artimini)

Bilan de cette journée : on refera ça c’est certain, j’ai d’ailleurs plein d’autres idées de promenades culturelles. Voici mon début de planning si cela peut en inspirer d’autres !
> Absolument aller voir l’exposition Icône de l’art moderne qui réunira Les musées de l’Ermitage et Pouchkine à la Fondation Vuitton : un événement qui ne se reproduira sûrement pas avant un bon bout de temps. (imaginez Le cri de Munch, la Danse de Matisse, et j’en passe…)
> Pénétrez le mythique théâtre Amandiers à Nanterre et aller y voir un spectacle jeune public (il faut que j’épluche la programmation)

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Cet article a été publié le 6 juin 2016 13 h 10 min

Eloely

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