Je l’ai retrouvé ce souvenir enfoui, celui qui n’attendait qu’une seule chose : se révéler à moi. Ce souvenir de récréation ou plutôt le souvenir de ce jour où je déchire, impatiente, l’étui Panini des Petits Malins ; où je découvre l’autocollant collector, celui tant convoité de la première page de l’album. Ce moment là est d’autant plus prégnant que la minute d’après je l’échangeais avec une grande de CM2 qui m’impressionnait beaucoup et qui voulait me le troquer. Un souvenir fort -celui d’une petite fille qui n’avait pas osé dire non.
Alors, quand, 20 ans après, je retombe fortuitement sur l’image de cet album sur instagram, j’ai comme qui dirait une revanche sur le passé à prendre.
Impossible de m’ôter l’idée de la tête : il me le faut . Avec à l’appui une année de parution et un visuel, je retrace très vite l’historique sur internet de cet album qui a nourri joie et désir dans mon esprit d’enfant.
Je mène ainsi tambour battant mes investigations sur le bon coin. La quête est facile et pas trop couteuse (10 euros en tout) : c’est une chance que je m’empresse de saisir.
Une semaine plus tard, j’ai entre les mains un souvenir d’enfance à l’état pur : moi dans un coin de la cour d’école, très exactement sous le préau. Moment suspendu, je ressuscite pages après pages des pans entiers de souvenirs, l’histoire de ses autocollants patiemment collectées.
Alors, c’est certain ce n’est pas le mien ; je dirais même que l’album est plus complet que celui que j’ai chouchouté mais on sent en chatouillant les pages qu’elles aussi en ont vécues des sessions d’échanges, de feuilletages et de négociations entre camarades de classe. Que c’est bien plus qu’un simple album et qu’il renferme en lui quelque chose de bien plus précieux, d’unique et qui n’a pas de prix : un souvenir de récréation un matin de 1989.



