
Il y a des albums qu’on ne se lasse jamais de sortir de l’étagère. Ceux qu’on finit par connaître par cœur à force de les relire, ceux qui font briller les yeux des petits comme des grands. J’ai réuni ici mes incontournables, ceux que je conseille les yeux fermés quand on me demande par où commencer une bibliothèque d’enfant.
Vous ne trouverez que des valeurs sûres, de celles qui traversent les générations sans prendre une ride. Certaines vous rappelleront sûrement votre propre enfance, et c’est aussi ça, la magie des albums : ils se transmettent, se prêtent, se relisent. Voici donc ma sélection du moment.
Petit-Bleu et Petit-Jaune, de Leo LionniDeux ronds de couleur qui s’aiment tellement qu’ils en deviennent verts : difficile de faire plus simple, et pourtant tout y est. J’adore la manière dont ce petit livre parle d’amitié et de différence sans jamais avoir l’air d’expliquer quoi que ce soit.
Source : l’école des loisirs
La chenille qui fait des trous, de Eric CarleLes pages troées, les couleurs franches, la petite chenille qui grignote de page en page : c’est le genre d’album que les tout-petits réclament en boucle. Franchement, on trouve difficilement mieux pour apprendre les jours de la semaine et les chiffres sans en avoir l’air.
Source : Éditions Mijade (fiche Ricochet)
Le Gruffalo, de Julia Donaldson et Axel SchefflerUne petite souris qui invente un monstre pour se débarrasser de ses prédateurs : le texte rimé est un régal à lire à voix haute, et la ruse finale fait toujours son petit effet. Un de ces classiques qu’on relit avec autant de plaisir que les enfants.
Source : Gallimard Jeunesse
Max et les Maximonstres, de Maurice SendakMax enfile son costume de loup, se fait gronder, et voilà sa chambre qui se transforme en forêt peuplée de monstres. J’aime cette façon d’accueillir la colère et l’imaginaire des enfants sans jamais les juger. Un chef-d’œuvre, tout simplement.
Source : l’école des loisirs
Grosse colère, de Mireille d’AllancéCette fameuse chose rouge qui sort de Robert quand la colère monte : quel bonheur de mettre enfin une image sur ce que ressentent les petits. C’est le genre de livre que je trouve précieux pour parler des émotions, sans grand discours.
Source : l’école des loisirs
La couleur des émotions, de Anna LlenasUn petit monstre tout emmêlé qui range ses émotions par couleurs : l’idée est maligne et les illustrations découpées sont superbes. Je le trouve idéal pour aider un enfant à nommer ce qui se bouscule en lui.
Source : Glénat Jeunesse
Devine combien je t’aime, de Sam McBratney et Anita JeramDeux lièvres qui rivalisent pour savoir qui aime le plus l’autre : c’est tendre, c’est doux, et ça fait un rituel du soir parfait. Le genre d’album dont on ressort avec l’envie de faire un gros câlin.
Source : Pastel, l’école des loisirs
Bébés chouettes, de Martin Waddell et Patrick BensonTrois petites chouettes qui attendent le retour de leur maman dans la nuit : les images sombres et duveteuses sont magnifiques. J’ai un vrai faible pour cet album qui apprivoise tout en douceur l’angoisse de la séparation.
Source : Pastel, l’école des loisirs
Le loup qui voulait changer de couleur, de Orianne Lallemand et Éléonore ThuillierUn loup grognon qui essaie une couleur par jour de la semaine : c’est simple, drôle, et parfait pour apprendre à la fois les couleurs et les jours. C’est souvent une des premières séries dont les enfants tombent amoureux.
Source : Éditions Auzou (Fnac)
Elmer, de David McKeeL’éléphant en patchwork qui voudrait ressembler aux autres avant de comprendre que sa différence est justement ce qui le rend unique. Les couleurs éclatent à chaque page, et le message me touche toujours autant.
Source : Kaléidoscope, l’école des loisirs
La brouille, de Claude BoujonDeux lapins voisins qui s’entendent à merveille, jusqu’au jour où ils se cherchent des poux : il faudra un renard affamé pour les réconcilier. J’adore cet humour tout en finesse pour parler des disputes et de l’amitié.
Source : l’école des loisirs
Bref, onze histoires que je garde précieusement à portée de main, pour les soirs de câlins comme pour les après-midi de pluie. Le plus beau, avec ces albums, c’est qu’ils grandissent avec les enfants : on les lit d’abord pour les images, puis pour l’histoire, et un jour ce sont eux qui nous les racontent.
Je vous souhaite de très beaux moments de lecture, blottis les uns contre les autres. 📚